Menu

Association française des conjoints d’agents du ministère des Affaires étrangères

S'abonner à la Lettre d'infos

Accueil > La grande bibliothèque > Arts. Culture. Talents d’adhérents > A la rencontre de ... > Femmes architectes

Femmes architectes

Francine Boidevaix

La visioconférence animée par Anne Amiot Defontaine nous a ouvert des perspectives passionnantes sur un sujet mal connu : le rôle joué dans l’architecture moderne par trois femmes, Gae Aulenti, Elisabeth de Portzamparc et Zaha Hadid. Je dis bien architectes et non décoratrices, rôle auquel la gent féminine avait été cantonnée.

Gae Aulenti
Gae Aulenti, Italienne née en 1927, diplômée en architecture de l’école polytechnique de Milan est une figure majeure du mouvement Neoliberty, qui reprend certaines idées de l’Art nouveau italien - le Liberty au tournant du XXe s. - en s’engageant dans une recherche culturelle historique sur la récupération des valeurs architecturales du passé : bâtir pour l’avenir en s’inspirant du passé. La démarche est à l’opposé de celles de Le Corbusier et du fondateur du Bauhaus Walter Gropius, qui ont entrepris de faire table rase du passé. Elle crée des mises en scène, du mobilier (la lampe Pipistrello), des magasins (le showroom Olivetti). Sa grande œuvre est la réhabilitation et la transformation en musée des Arts du XIXe siècle de la gare d’Orsay à Paris, de 1980 à 1986, à la demande du président Giscard d’Estaing. La gare était condamnée à disparaître ; depuis les années cinquante, le XIXe siècle n’était plus à la mode. Gae Aulenti conserve la façade et aménage l’intérieur dans un souci de recherche d’équilibre entre tradition et modernité. La nef centrale est transformée en grande galerie qui s’élève doucement en gradins, une voie triomphale qui aboutit à deux tours. Les matériaux sont nobles, la lumière provient de la voûte et certains décors d’origine, comme les belles rosaces, apparaissent sur les verrières métalliques. Le volume est sculptural et aérien à la fois. Dès lors, elle se consacre à la transformation de monuments historiques en musées, ou aux aménagements muséographiques de nouveaux musées (le réaménagement du Centre Pompidou, le Palacio de Montjuïc en Musée National d’Art de Catalogne). Elle décède en 2012 à Milan.

Elisabeth de Portzamparc
Elisabeth de Portzamparc, franco-brésilienne, est née en 1947. Ses domaines sont l’architecture et l’urbanisme. Elle allie le pratique à l’esthétique, la transparence à la simplicité ; c’est une architecture contemporaine très fluide, illustrée par les ondulations du musée de la Romanité à Nîmes (achevé en 2023). Proche des arènes, il établit un dialogue fort avec ce bâtiment vieux de 2000 ans. D’un côté un volume rond en pierre, entouré par les verticales des arcs romains, bien planté au sol, de l’autre un grand volume quadrangulaire, en lévitation, entièrement drapé d’une toge de verre plissé, composée de 6 708 carreaux de verre semblables à de la mosaïque. Ce dialogue se poursuit à l’intérieur du musée. Sa façade et sa structure intérieure vitrées laissent apparaître le riche patrimoine nîmois. Passionnée par l’urbanisme, Elisabeth de Portzamparc a notamment construit 476 logements diversifiés à Versailles, intergénérationnels et sociaux, où la place du jardin est essentielle dans les liens entre les différents habitants. On lui doit une tour de 262 mètres de haut à Taiwan avec des passerelles qui s’enroulent et des jardins intégrés, comme un prolongement vertical de la ville.

Zaha Hadid

Avec Zaha Hadid, architecte et urbaniste irako-britannique (1950-2016), nous entrons dans le futur. Figure majeure du courant déconstructiviste, elle est l’une des femmes architectes les plus récompensées par la profession. Influencée par le suprématisme russe (Malevitch), elle adopte la peinture comme outil de conception et l’abstraction. Il faut faire exploser l’espace, libérer l’architecture des lois qui datent de la Renaissance. Mais elle intègre aussi les techniques numériques de pointe, invente des architectures complexes en s’appuyant sur des ingénieurs et des informaticiens. Elle construit des structures qui ornent le monde entier et repousse les limites de l’horizon architectural. Surnommée « la reine de la courbe » elle est à l’origine de nombreux projets qui ont marqué le siècle comme le Centre aquatique de Londres, construit pour les Jeux olympique de 2012, la galerie Soho de Pékin, le pont Cheikh-Zayed à Abou Dhabi, une immense vague ondulée. Son but n’est pas d’imiter la nature mais d’en comprendre les structures.
Merci à notre conférencière qui nous a ouvert de nouveaux horizons.

Francine Boidevaix

— -
Photos
Zaha Hadid @ Etoffe.com
Gae Aulenti @Wikipedia

Portfolio


  • Gae Aulenti - Musée d’Orsay

  • Zaha Hadid - Pont cheikh-zayed

  • Elisabeth de Portzamparc - Musée de la Romanite

    Nîmes 2018


  • Zaha Hadid - L’Hôtel Morpheus à Macao, Chine

  • Zaha Hadid - Le Centre culturel Heydar-Aliyev à Bakou, Azerbaïdjan

  • Zaha Hadid - Le Dongdaemun Design Plaza à Séoul, Corée du Sud

  • Zaha hadid - Le pavillon pont à Saragosse, Espagne

  • Zaha Hadid - Pierrevives à Montpellier, France

  • Zaha Hadid - Le Galaxy Soho à Pékin, Chine

  • Gae Aulenti - Lampe Pipstrello

  • Gae Aulenti - Showroom Olivetti

  • Gae Aulenti

  • Gae Aulenti - Showroom Olivetti à Paris, 1966

  • Gae Aulenti - Lampe de table Rimorchiatore

    Dessinée en 1967 pour Fontana Arte.


  • Elisabeth de Portzamparc

  • Elisabeth de Portzamparc

    Tour à Taiwan


  • Elisabeth de Portzamparc

    Tour à Taiwan, détail rdc


  • Elisabeth de Portzamparc

    Gare RER Le Bourget

lundi 27 mai 2024

septembre 2026 :

Rien pour ce mois

août 2026 | octobre 2026

  •  Ateliers, matinées d’infos
  •  Rencontres conviviales
  •  Culture, arts et loisirs
  •  Vie de l’AFCA